✑ Hiver

Saion de neige, froid, solstice, l'hiver est aussi manteau de poésie.

  • Je ne sais pas, mais aujourd'hui, j'avais envie des mots...


     

      

    Aurores boréales

     


     

     

     

    Se lever à trois heures du matin avec l'urgence d'écrire deux mots : αυroreѕ вoréαles. Quelles lettres de poésie insufflées là en radiation solaire, chant chamanique du Grand Nord ! Ce n'est plus Noël et pourtant, je suis bel et bien au pays des rennes.

     

    Ah cette voilure aux mille reflets dansant sous les étoiles ! Oui, la lune et les aurores boréales doivent être au poète ce que la boussole est à l'explorateur. Peut-être est-ce là où se jupent les muses ? Qu'en penser à la vision de ce film en prise réelle à Yellowknife, Canada ?

      

      

      

     

      

    Intense oraison de la nature
    transcendant le souvenir de cette prière amérindienne :

     

       

      

    Apprends-nous, Esprit du Nord

      

      

      

    Nous te saluons, Esprit du Nord.

    Tu es le vent froid et mordant

    qui souffle à travers notre pays.

    Tu dépouilles la terre

    de tout ce qui est mort et pourri.

    Tu nous dépouilles

    de nos fausses certitudes

    qui s'envolent si facilement.

       

    Enseigne-nous à planter nos pieds

    solidement sur la terre

    et à voir les choses

    telles qu'elles sont en réalité. 

       

    Que la venue de ton esprit

    nous trouve debout et solides.

    C'est ton esprit qui nous apporte

    les neiges de l'hiver

    avec leur fureur et leur solitude.

    C'est ton esprit qui couvre la terre

    pour son sommeil.

      

    Apprends-nous, Esprit du Nord,

    pendant la solitude de l'hiver,

    à attendre dans l'obscurité

    avec la terre dormante

    et à croire que, comme la terre,

    nous possédons déjà en nous

    les semences de vie nouvelle.

       

       

     

    Quant à ce chant de Jon Henrik, il nous vient de Laponie et nous entraîne dans un Daniel's Jojk,  cri du coeur et de l'âme pour un ami disparu en horizons éternels et mystérieux... Chant de neige et d'esprit à l'humanité profonde... Oui, les muses sont de ces voilures de ciel. 

         

     

     

     

     

     

     

    Les mots se taisent… Je retourne en mes plaines du silence pour ressourcer mon esprit au feu des étoiles... Et vous, quelles sont vos aurores boréales ? Vents de soleil, de lune, de ciel, de terre ou d'eau Chant sphérique particulier Quelles sont vos muses, ces inspiratrices de vie et de plein ?

    À bientôt et au plaisir de vous lire. 

     

      

      

     

      Sandra Dulier, plume funambule.


     

     

     


  • Lendemain de Noël


     

       

    C'était hier et déjà emporté dans le tourbillon

    du Nouvel an

      

     


     

     

     

    Plus qu'un an pour le prochain Noël... Il y a une certaine nostalgie au lever du 26 décembre, un petit goût de fin de cougnou et de chocolat chaud, un éclat moins vif des boules de Noël, les chants déjà classés dans la dévédéthèque ou le lecteur numérique. On lit les partages réseaux où certains liens, pour prolonger un peu la féerie, publient leurs dernières photos de famille.
     

    Pour les solitaires, les réfractaires, les nostalgiques, c'est un : « Enfin, on passe à autre chose ! Marre de Noël depuis deux mois dans les magasins. J'aime pas le Père Noël et ses Ho Ho Ho complètement idiots ! Et cette nourriture, étalée là partout ? Et les publicités de jouets vont enfin cesser d'envahir ma boîte aux lettres... »

        

    Il y a certainement beaucoup d'autres raisons de détester ou d'aimer Noël tant il ramène à notre enfance, à nos souvenirs, à nos échos intérieurs.

                   

    Le solstice d'hiver a quitté nos cieux, les jours nous mènent doucement vers d'autres envols, d'autres expériences, d'autres chemins : les souhaits de meilleurs lendemains, la neige sur les plaines, les floraisons printanières, les plages, la douceur flamboyante de l'automne... 

     

    La vie est un cycle, une roue, un calendrier lunaire et solaire.

        

    Et si nous invitions la magie chaque jour de l'année ? Et si nous prenions le temps de regarder autrement nos espaces de vie ? Et si en se levant le matin, nous nous disions : « Aujourd'hui, je regarderai le beau et le bon autour de moi. Je prendrai le temps d'observer quelques instants le jardin ou le ciel par ma fenêtre ; de sentir la pluie, le soleil, la neige sur mon visage ; de jouer et de rire avec mes enfants ; d'envoyer un regard tendre et reconnaissant vers les souvenirs heureux ; de sentir les saisons en en mangeant les fruits et les légumes, les fêtes et les costumes ; de retrouver l'enfant qui est là, en moi, de le bercer, de l'aimer et de lui murmurer : Oui, il y a eu Noël et maintenant, il y a ta vie devant toi avec moi, ton ami(e) de toujours. »

         

    Nous portons tant d'ailes en nous, tant de vie, tant de lumières...

        

    Oui, Noël est fini. Oui, les yeux des enfants sont parfois tristes, mais eux savent que la magie continue dans cette source vivante qui étincelle chaque jour de ses petits soleils de joie.

     

     


     
        

    Ni le ciel, ni le sable ne m'ont fait aucun signe,

    mais deux libellules m'ont parlé et un papillon vert.
     

    Antoine de Saint-Exupéry

    Terre des Hommes.
       
      

     




    Je vous souhaite un heureux lendemain de Noël

    et un joyeux non-anniversaire !

        

      

     

          

    A bientôt !

     

       

      

    © Sandra Dulier


     

  • Dans la chaleur d'une fin décembre


     

     

    Voilà un mois de décembre

     

     


      

      Je regarde le temps comme l'allié de mon chemin

    et non comme l'ennemi de mes possibles.

    Sandra Dulier  

      

    Voilà un mois de décembre qui nous promène en douceur sur le pas des fêtes de fin d'année. Valsent les souhaits, les résolutions et les bons voeux au rythme des cadeaux et autres chocolats. 

     

    Voilà un mois de décembre où nous quitte définitivement l'automne pour laisser place à un hiver que nos imaginaires gardent en manteau blanc.

      

    Voilà un mois de décembre où se conscientisent un peu plus les mots solidarité, partage, paix et chaleur. 

     

    Voilà un mois de décembre où la plupart d'entre nous pourront pauser quelques jours leur travail pendant que d'autres s'activeront doublement pour nous offrir de belles fêtes en famille ou en sortie.

     

    Voilà un mois de décembre où les rêves et la nostalgie s'installent, sur ce temps qui passe, inexorablement.

     

    Voilà un mois de décembre qui a couru ô combien trop vite pour moi, laissant en chantier bien des projets et des possibles qui seront donc les tremplins d'une nouvelle année... 2015 et ses guirlandes d'espoirs.

     

    Voilà un mois de décembre pas encore tout à fait en bout de calendrier, mais les agendas déjà prêts pour la nouvelle année.

     

    Voilà un mois de décembre comme une valse lente sur l'automne déchu.

      

    Voilà un texte d'adieu à l'automne, écrit spécialement pour l'Atelier Funambule que ce site a initié. De beaux textes ont été partagés, mais restent en exclusivité de lecture aux membres de l'atelier. Trois plumes ont offert leurs mots et leur imaginaire, très beaux ! Il est possible de vous inscrire au prochain atelier jusqu'au 15 janvier 2015 sous ce lien. N'hésitez pas à nous rejoindre ! C'est en ligne, ouvert à toute la Francophonie et complètement gratuit.

          

     


     



    Mon chant d'adieu à l'automne finissant...

                    

     


     

      

     

    À la table du café, elle regarde par la fenêtre les passants déambuler sous une pluie d’automne... Elle est brumeuse comme ce temps, cet instant flou de la saison des effeuillements. Autant elle aime le printemps, autant elle crispe ces jours de pluie. Elle sait ces mélancolies passagères, simples bateaux sur la mer des saisons.

     

          
    Hier encore, le soleil chauffait d'écarlate la promenade au parc. Elle était joyeuse, l'écharpe venteuse au nez des oiseaux. Elle sentait la terre, la vie là, chapeautée sous les nervures des arbres. Elle compliquait pas. Elle savait la joie, le bonheur, l'instant. L'automne n'est pas vraiment une fin, mais le marron encoqué, fruit d'une autre chair, d'une douceur plus amère, mais si tendre au palais.

      

     

    Après cette parade d'eau et d'humidité, avec ses passants en poissons sans bocal, viendront les fêtes de Noël et d'autres chansons, verdures sapinières dans le houx des neiges.

     

       
    À la table du café, elle regarde par la fenêtre les passants déambuler sous une pluie d'automne. Oui, elle crispe les jours de pluie, mais elle aime aussi cette page tournée en bord de thé, ces parfums mélangés, ce cocon au milieu des bruits. Elle voyage, glisse, patine déjà sur les mots, frissonne de plaisir à cette phrase qu'elle lit sur cette banquette de ses habitudes. Là, elle sourit. Oui, elle sait qu'elle est bien, le parapluie goutte à ses pieds, il se réchauffe, se débrume du vent et des passants tristes.

     

      

     

    — Garçon, un Earl Grey, s'il vous plaît !

     

       
    La liseuse recommande quelques minutes de plaisir. Soudain, sur sa page s'échappe une lumière de ciel. C'est le soleil en clin d'oeil qui s'invite.

       

      

    © Sandra Dulier 

     

     

              


     

     

     

    Ne reste plus qu'à vous déposer simplement mes voeux

    pour une belle fin de mois de décembre

    et une très heureuse année 2015.

      

     


     

     

    Voeux

      

      

    A très bientôt !

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         Ah oui, j'oubliais

    mon coup de coeur musical...

    Dominique A.

    Éléor

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