La poésie de la semaine : Du fond d’un tiroir

 

Ancienne pièce de 50 centimes, franc belge, le mineur.


Arpenter les chemins poudreux 
d’un pied léger et démuni, 
sentier charbonneux de racines anciennes, 
godillots et houillères. 


Dans les crachats ventrus des mines, 
un pouls bat au cœur d’une terre, 
vallon en terrils cumulés, 
rapines de chaleur au foyer hivernal.    


Les molettes fendent le ciel d’un acier brun de deuils,
tant de strates noires d’un terroir de sueurs
et ces cris aux barreaux d’une stupeur ! 
Longs sanglots d’un pays... 


Aucun oubli possible.


Dans un tiroir dort la pièce de 50 centimes : le mineur. 


Pourquoi j’y pense ce soir ? 
Personne n’éclairera ma lanterne 
et j’éteins pour cette nuit le halo des âmes mortes 
qui se promènent encore au ciel de ma mémoire. 


Blessures et espoirs.

 

Sandra Dulier, Plume Funambule

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Commentaires

  • Marie-Line DELAY
    Bonjour Sandra,

    Ce texte me touche à chaque lecture, particulièrement la dernière strophe.

    Il n'y pas eu à cette époque de chaleur sans la sueur de nos mineurs.
    Qu'il fut sombre le masque de leur courage, pour une si maigre pitance...

    Au grand plaisir de vous lire.
    Avec toute mon Amitié
    Marie-Line
    • Sandra Dulier
      Merci Marie-Line. Vos mots touchent mon cœur et mes racines houillères. Amitiés réciproques.

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