Dassine Oult Yemma, poétesse targuie

 Temps de lecture : 5 minutes.

 

Dassine Oult Yemma portrait sepia

 

Aujourd’hui, je partage avec vous mon inspiration poétique, hommage à une femme et poétesse targuie, Dassine Oult Yemma, sans doute méconnue par beaucoup en Europe, mais qui est un trésor pour le patrimoine culturel du XIXe. Vous trouverez ensuite quelques liens d'articles et vidéos pour approfondir le sujet. 

 

 

Dassine, voix du désert, femme à la beauté d’erg, rose intemporelle d’un matin dunaire, offre la lune d’un visage de sel, pupille targuie d’un puits, source à l’embouchure du temps, voile indigo flotté dans l’onde du vent... Poésie.
 

La clé de tous les possibles enfouit sa danse sous la tradition orale du feu. L’imzad2 vibre contre le corps des femmes musiciennes.
 

Le désert est vie pour le chercheur d’oasis, palmeraie insulaire, miroir d’étoiles, boussole du voyageur. La caravane balance la torpeur du silence dans le grain d’un espoir : chant universel, sable coulé au creux d’une main rougie d'henné.
 

Dassine élève ses mots en tamasheq3 altier dans la nuit bleutée, envoûtement des hommes :
 

- L'eau elle-même sait nous dire « Je t'aime » en posant sur nos lèvres le meilleur des baisers.4
 

  
Pour aller plus loin :
 
 

 

Si vous avez d'autres sources ou quelques connaissances sur le sujet, partagez-les en commentaires. Merci !

 

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Dassine Oult Yemma, poétesse targuie du XIXe, « Sultane du désert », appelée aussi « la plus grande sultane d'amour », car messagère de paix entre les Touaregs dissidents. Contemporaine de Charles de Foucault. Source : Dassine, poétesse de l'Ahaggar 
  
2 L’imzad est un violon à une corde, instrument réservé aux femmes.
 
3 Le tamasheq est une langue touareg.
  
Extrait d’un poème de Dassine, traduit du tamasheq. 
 
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Sandra Dulier, Plume Funambule

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Commentaires

  • Mermed
    • 1. Mermed Le Dim 23 juin 2019
    Bonjour

    je suis poète, j'aime me promener dans vos mots

    je vous adresse un texte publié en revue il y a qq années autour de Dassine et Moussa

    je vous donne également l'adresse de mon blog Effleurements livresques, épanchements maltés - Overblog http://holophernes.over-blog.com/

    Courtoisement

    Mermed

    Maintenant, j'ai goûté dans vos mots la volupté d'absorber les cœurs,

    maintenant, j'ai goûté dans vos vers le désir de vouloir livrer ma vie,

    vous êtes cet amour immense,

    vous êtes cet amour immédiat,

    vous êtes cet amour naturel,

    vous êtes en moi,

    avant que je ne le sache,

    et toi, Dâssine, et toutes les Dâssines que tu es,

    tu tournes autour de moi,

    dans mes veilles,

    dans mon sommeil,

    dans mes paroles,

    jusque dans mes silences.

    Qu'importe tous les voiles sous lesquels tu te caches,

    ton amour envahit nos cœurs;

    et toi, Moussa, et tous les Moussas que tu es,

    dans le dénuement qui ennoblit,

    avec ces nuits de femmes,

    sœurs des brumes de la rosée pour le soleil,

    tu as perdu nos peurs dans les dunes des déserts,

    pour que nous retrouvions l'orgueil d'être nous.

    Deux poètes du désert   Doussine Oult Yemma (1885 ? - 1935)  et Moussa ag Amastan (1867-1920)  que l'on retrouve chez Angèle Maraval-Berthoin Chants du Hoggar L'Édition d'Arts,1924 et dans un très beau livre de Maguy Vautier La Femme bleue Syros 1990.

    © Mermed Août 2015
    • Sandra Dulier
      Bonjour Mermed. Merci infiniment pour ce partage poétique. Magnifique hommage.

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