La poésie de la semaine : Fantaisie capillaire


 

Plume
 

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M'endormir doucement 
le visage enroulé dans mes cheveux,
petite vague au parfum d'été,
nid ambre et nuage,
simple dune, 
repli de l'enfance,
cocon naturel.
  
Le calme est là,
dans le creux d'un oreiller, 
familier et sauvage.
Combien de micro-siestes
dans ce lieu paisible ?
 
Au bout des mèches,
les rêves restent un peu
et s'évaporent ensuite.
Seule la lumière connaît
les jardins traversés.
  
Quand je mourrai,
que l'écrin de mes cheveux
garde le souvenir de ces voyages,
entre nuit et jour.
 
Mes cheveux sont oiseaux,
fleurs, nuages, pluie
et rayons de soleil.
Ils vivent leur temps mortel
dans le rythme lent d'une onde poétique.
 
Depuis l'enfance,
ils couvrent de leurs longueurs
mes silences, mes joies
et mes peines.
Ils sont le prolongement d'un esprit 
où ondulent discrètement 
tant de jardins secrets.
 
Filets d'oublis,
ils sont force et résistance,
densité et reflets,
complice du soleil et de la lune,
ailes rebelles dans les tempêtes,
voile d'eau surpris par l'orage,
rivière de mes indicibles inspirations.
 
Et certains soirs de tristesse,
ils cueillent ces larmes
qui par un vent salé
blanchissent soudain.
 
Je laisse le gris follet
raconter mon histoire,
fleurir d'autres chemins
et dessiner sur le miroir du ciel
quelques notes de mélancolie.
 
Un jour, on me raconta
que mes cheveux invoquaient 
un air de piano doux et très lent.
 
Si un cinéaste décidait du travelling
d'une vie anonyme,
qu'il choisisse le matin,
quand au prélude du jour
l'aurore dépose sur mes cheveux
un soleil flamboyant.


 

 

© Sandra Dulier 2018, mentionnée sur les réseaux : Osons… les livres, Babelio, Québec Loisirs, Pinterest France, etc. Mes livres sont disponibles sur TheBookEdition ou avec dédicace en remplissant ce formulaire.


 

 


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